
Avec un sourire radieux, Eluza m’a accueillie dans son salon rempli de lumière. Elle m’a parlé des livres en portugais de son Brésil natal et de ceux qu’elle avait lus récemment de certains de ses auteurs et autrices brésilien.ne.s préféré.e.s. Enseignante de profession, Eluza a suivi les traces de sa maman qui enseignait aussi et qui a transmis à sa fille l’amour pour les livres et la lecture.
With a radiant smile, Eluza welcomed me in her sunlit living room and spoke to me about some of the books from her native Brazil that she has at home and which she had been reading recently. Eluza is a teacher — the same profession as her mom from whom, she said, she had inherited her love for books and reading.

J’ai vécu ma vie dans des bibliothèques.
Ici, Eluza parle de la culture du livre au Brésil où la lecture n’est toujours pas accessible pour tous. Elle partage avec nous aussi l’histoire inspirante de sa mère qui a suivi les programmes d’alphabétisation (ou cercles culturels) développés par Paulo Freire dans les années 1960 dans la région nord-est du pays où, par la suite, sa mère est devenue enseignante elle-même.
Eluza speaks here of the culture of reading in Brazil where books are still considered luxury items, not accessible to everybody. She also shares with us the inspiring story of her mother who attended the literacy programs (or cultural circles) that Paulo Freire initiated in the early 1960s in the Brazilian Northeast where her mom later became a teacher herself.

Eluza a choisi de lire en portugais l’histoire d’Aqualtune du livre de Jarid Arraes Heroínas Negras Brasileiras em 15 Cordéis [Les héroïnes noires brésiliennes en 15 cordéis].
Selon l’histoire populaire, Aqualtune était une princesse et guerrière kongolaise du 17e siècle. En 1665, elle a été capturée de sa famille en Afrique, déportée et esclavagisée à Recife, dans la région nord-est du Brésil. Plus tard, elle s’est jointe à un groupe de personnes esclavagisées-révolutionnaires qui ont fui jusqu’au quilombo du Palmares. Au Brésil colonial, les quilombos étaient des communautés fondées par des personnes esclavagisées en fuite pour leur liberté. Aqualtune a su se distinguer par son savoir de stratégies militaires qui ont aidé le combat et elle a été proclamée cheffe du quilombo.
Eluza a précisé que l’histoire d’Aqualtune est ici racontée dans le style de la littérature de cordel. C’est une forme de poésie populaire, fondée sur une tradition narrative orale. Ce ne sont pas des histoires linéaires, Eluza a expliqué, elles sont faites pour être chantées.
Eluza read in Portuguese the story of Aqualtune from the book by Jarid Arraes Heroínas Negras Brasileiras em 15 Cordéis [Black Brazilian Heroines in 15 Cordéis].
According to popular history, Aqualtune was a 17th-century Kongolese princess and warrior. In 1665, she was captured from her family in Africa, deported and enslaved in Recife, in the northeast region of Brazil. Later, she joined a group of enslaved people who fled to the quilombo of Palmares. In colonial Brazil, quilombos were communities founded by enslaved people who had escaped in search of their freedom. Aqualtune’s knowledge of military strategies helped the fight and distinguished her as leader of the quilombo.
Eluza specified that the story of Aqualtune is told here in the style of cordel literature. This is a form of folk poetry, based on an oral narrative tradition. These are not linear stories, Eluza explained, they are meant to be sung.


Parmi les œuvres préférées d’Eluza sont celles de femmes écrivaines pionnières d’un autre type de narration visant à inclure les voix de ceux et celles contraints auparavant au silence. Elle apprécie également le travail des écrivain.e.s de la Génération de 1945, un mouvement littéraire d’approches poétiques originales qui a donné une nouvelle direction à la littérature brésilienne.
Some of Eluza’s favourite authors are women writers who have opened up the way to a different kind of storytelling and to including the voices of people who had not been heard before. She also enjoys the work of writers of the Generation of 1945, a literary movement of new poetic voices that gave Brazilian literature a new direction.

Je pense que tous les livres que j’apporte c’est pour continuer à savoir mon histoire, mon origine et jamais l’oublier.

Étant enseignante à des jeunes élèves, Eluza aime apporter du Brésil des livres pour enfants en portugais qu’elle peut ensuite partager avec ses étudiant.e.s.
As someone who teaches the Portuguese language to young learners, Eluza likes to bring children’s books from Brazil, which she can then share with her students.


Quelle est la signification des livres du Brésil qu’Eluza a chez elle, ici, au Canada? À la fin de notre entretien, elle a évoqué l’importance des histoires pour nous relier à nos ancêtres et nous apprendre qui nous sommes.
What does it mean for Eluza to have books from Brazil with her here in Canada? At the end of our conversation, she spoke about the power of stories to connect us to our ancestors and teach us who we are.
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Des livres en portugais de la bibliothèque d’Eluza — Brazilian books from Eluza’s bookshelves :
- O Quinze de Rachel de Queiroz (première édition publiée par Companhia editora nacional en 1931)
- Cacau de Jorge Amado (première édition publiée par Ariel Editora en 1933)
- Macunaíma par Mário de Andrade (première édition publiée par Livraria Martins en 1944)
- Heroínas Negras Brasileiras em 15 Cordéis de Jarid Arraes, avec les illustrations de Gabriela Pires (Pólen Livros, 2017)
- O que há de África em nós par Wlamyra Albuquerque et Walter Fraga, avec les illustrations de Pablo Mayer (Moderna, 2013)
- Amoras de Emicidas, avec les illustrations d’Aldo Fabrini (Companhia das Letrinhas, 2018).